Léa Esmaili : Une vision artistique unique et inspirante

Léa Esmaili : Une vision artistique unique et inspirante

Dès son plus jeune âge, Léa Esmaili a été plongée dans un environnement artistique, grâce à l'influence de sa mère qui considérait la culture comme une richesse inestimable. Cette immersion précoce dans l'art a éveillé en elle une passion dévorante pour le cinéma, qui a façonné son avenir professionnel.

À 14 ans, Léa a découvert un monde nouveau à travers les films de Kubrick et Godard, une révélation qui a marqué le début de son amour pour l'image et la narration visuelle. Cette passion précoce pour le cinéma a été le catalyseur de sa carrière, la guidant vers le rôle de photographe/réalisatrice, où elle a pu fusionner son amour pour l'art avec une vision unique de la création visuelle.

Dans cette interview exclusive, Léa Esmaili partage son parcours, ses inspirations et ses réflexions sur l'art et la direction artistique. Elle nous offre un aperçu de son monde, où l'art n'est pas seulement une profession, mais une manière de vivre et de percevoir le monde.



Hello Léa, peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t'a amené à devenir photographe & réalisatrice
?

J’ai toujours baigné dans l’art, dans les milieux artistiques surtout grâce à ma mère
qui pour elle la culture est une des plus grandes richesses. Mais c’est à mes 14
ans quand on commence à se forger sa propre culture on va dire que je tombe en
amour avec le cinéma. C’est le coup de foudre, je passe l’été de ma troisième à
regarder des vieux films, du Kubrick, du Godard etc.. et depuis ce jour j’ai toujours
su que je voulais travailler dans l’image de manière générale.


Quels sont tes outils et ressources préférés pour mener à bien tes projets ?

Un jour j’ai dis à un ami « l’art c’est pas une suite qu’on achète à 20 euros le
mois ». Il m’as dit que c’était une très bonne phrase à redire souvent ahah. Je suis
autodidacte donc j’utilise vraiment tous les supports, pour moi on peut faire des
choses très cools juste avec une imprimante défectueuse, on peut prendre et
retoucher avec un vieux telephone.


Même si au quotidien j’utilise souvent photoshop, Lightroom etc.. j’ai souvent
retouchée des photos à l’iPhone, ou fais du collage papier.


Et c’est marrant mais au début j’avais un peu honte car ça ne sonnait pas « pro ».
Mais maintenant je l’assume et j’en suis même fière !


Quel matériel photographique recommandes-tu et pourquoi ?

Pareil ici, l’appareil fait TOUT sauf le photographe ahah. Donc pour commencer un
petit appareil, pour comprendre comment fonctionne la lumière, comment elle
rentre, elle sort d’une caméra. J’ai fais pleins de shoots avec un petit fuji, tant que
l’on maitrise la lumière, la photo sera « bonne ».


Arrivé à un moment où tu sentiras toi même que tu dois prendre un appareil plus
haut de gamme, mais au début ça ne sert à rien !

Quelle est la photo que tu as prise dont tu es la plus fière ?

Je pense qu’en ce moment j’aime beaucoup la cover qu’on a fait avec Leo SVR
pour son projet. On a shooté ça tellement rapidement, c’était tellement efficace !
En 1h la cover était bouclée. Lui et sa team sont très très gentils et pro, je lui
souhaite que du bien pour la suite.

Comment décrirais-tu ton style artistique et tes influences principales ?

Je dirais que j’aime beaucoup aller au delà de l’ordinaire. Je suis très influencée
par la danse, la mise en scène notamment Pina Bausch une chorégraphe
allemande. Le cinéma est évidemment mon socle d’inspiration : le cinéma de

Kubrick, Dolan, les frères Coen, Tarantino.. Ce côté burlesque à l’esthétique très
marquée. La musique fais partie de mon quotidien, je passe 90% de mes journées
à écouter de la musique ahaha.


L’histoire de ma famille, qui a fui l’Iran m’inspire énormément, m’as
inconsciemment aussi permis une grande ouverture d’esprit.



Comment restes-tu inspiré et créatif dans ton travail quotidien ?

Pour moi la discipline c’est très important en tant que créatif. Et cela passe surtout
par la discipline que l’on doit se donner pour sans cesse se nourrir et se cultiver.
C’est ça qui me donne la chance d’être sans cesse avec des idées en tête.


Également je dirais de garder son âme d’enfant. S’extasier pour rien, pour des
choses futiles, ce qui nous permet de voir des petites choses de la vie inspirantes.
A partir de ça, tout m’inspire vraiment, je prends tout en photo et video, où je note
des mots des phrases. Et dans 90% du temps toutes ces idées bien que futiles en
apparence se retrouvent dans mon travail.

Peux-tu nous parler d'un projet particulièrement difficile et comment tu l'as géré ?

J’ai eu une période difficile en Septembre à gérer, et j’étais entrain de filmer un
petit court-métrage. J’en étais pas fière du tout, j’ai tout recommencé à zéro, je me
suis dis prends ton temps même si ça sort deux mois après c’est un projet
personnel t’as tout le temps !


et aujourd’hui c’est un de mes projets préférés, je l’ai carrément mis en
compétition dans 3 festivals, il y en a déjà un qui l’as sélectionné ! C’est ouf.

Comment vois-tu l'évolution du métier de directeur artistique avec les nouvelles technologies et tendances ?

Je pense qu’il ne faut pas tomber dans le piège des tendances, car sinon on perd
l’intemporalité de notre travail. Les trends, les formats des réseaux etc. Il ne faut
pas que le processus créatif d’une oeuvre tourne autour de ça !


Sinon quant aux nouvelles technologies, je trouve ça génial. Quand c’est utilisé de
façon réfléchie et intelligente de toute façon on le voit tout de suite que quand
c’est utilisé pour des mauvaises raisons.


Si on est un esprit créatif on ne devrait pas être effrayé par les intelligences
artificielles mais plutôt se pencher dessus pour les maitriser, pour encore plus
pousser notre art.


La stabilisation post prod par exemple c’est aussi de l’ia en soit, et personne n’en
dis du mal ahaha.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui souhaite se lancer dans une carrière similaire ?

Le tra-vail. Il n’y a pas de secret ! La discipline aussi comme je disais plus haut,
sans cesse se cultiver.
Être soit-même humainement, être un bon humain qui fait ça pour les bonnes
raisons car c’est un métier très humain au final.



Penses-tu que l'art doit toujours avoir un message ou une signification, ou peut-il simplement exister pour l'esthétique ?

L’art pour moi est un échappatoire au quotidien. Donc une oeuvre peut avoir une
multitude de signification comme aucune pour l’auteur mais en crée une pour le
spectateur. C’est ça qui est beau :)


C’est vrai qu’aujourd’hui avec toutes les avancées, on voit beaucoup de travaux
purement esthétiques. Surtout dans le cinéma, il y a ces derniers temps une mise
en retrait de l’écriture scénaristique pour des plans digne de clips. Est ce
forcément mal ? C’est subjectif ahaha.



L'art peut changer les perceptions ou même la société selon toi ?

Totalement. Et ça été vu tellement de fois dans l’histoire déjà. Aujourd’hui c’est
grâce à des braves jeunes femmes et hommes journalistes-photographes qui
bravent leur vies à Gaza que nous en occident on peut être témoin du génocide
qui est en cours. Sans eux, on ne verra pas ce point de vue de l’histoire. Ce sont
des héros.

Si on veut rentrer plus dans « l’art » et moins de la documentation, je pense à cette
musique de IAM « j’aurai pu croire » qui en 4 minutes dépeint tout les conflits de
Moyen Orient avec brio. Aujourd’hui un jeune si il écoute cette chanson, peut
comprendre très vite beaucoup de choses.

Son Instagram : @heyimleaaa

Interview par : @teocomyn

 

 

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