S-TRA : Lumière sur l'Astre du Rap Nantais (INTERVIEW)

S-TRA : Lumière sur l'Astre du Rap Nantais (INTERVIEW)

Rencontre avec S-TRA, une nouvelle étoile dans l'univers du rap français. À la croisée des chemins entre la poésie des constellations et le rythme trépidant des rues de Nantes, ce jeune artiste de 18 ans a déjà une vision claire de son art et de l'empreinte qu'il souhaite laisser dans le monde de la musique. Avec la sortie de son premier EP "INSOLUBLE", S-TRA nous invite à plonger dans un cosmos musical où chaque morceau est une étoile filante traversant le ciel de ses pensées. Dans cette interview, il dévoile les mécaniques de sa créativité, ses inspirations stellaires et ses aspirations pour l'avenir. Suivez-nous alors que nous décollons pour un voyage au cœur de son univers artistique, où l'immensité de l'espace rencontre la profondeur de la musique.



Peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle S-tra, j’ai 18 ans je viens de Nantes et je suis originaire de Vendée et j’ai récemment sorti mon premier EP INSOLUBLE.

Comment es-tu entré dans le monde de la musique ?

Tout d’abord, j’ai commencé à découvrir cette passion pour la musique à l’âge de 12 ans en 6ème. J’ai commencé à écrire sur mes feuilles de cours pour te dire. Puis un jour j’ai demandé à mon père de me prêter sa caméra pour que je puisse me filmer en train de rapper. Et au début ce n’était vraiment pas ouf mais c’est en postant sur Instagram plusieurs freestyles dans ma chambre que j’ai réussi à me créer une petite communauté. Après j’ai arrêté car manque de temps, et je voulais vraiment sortir mon premier single sur les plateformes, et j’ai retrouvé un vieux texte dans mon pc puis c’est là qu’est née BALAFRE. J’ai été très surpris de voir les retours autour de mon premier morceau qui par la suite a été partagé en story par Vladimir Cauchemar. Je voulais vraiment marquer mon arrivée sur les plateformes. Puis après j’ai rencontré Elliot et Gabin (Apogée) qui m’ont énormément aidé à pousser mon univers artistique jusqu’au bout et créer la D.A que j’ai actuellement. On a ensemble sorti plusieurs clips, fait plusieurs shooting photo et ils m’ont aussi énormément aidé et conseillé dans la création de mon premier EP « INSOLUBLE ». Si je ne les avais pas rencontrés je ne serais pas la personne que je suis maintenant.


Ta musique est très inspirée par les astres et la galaxie. D'où te vient cette fascination ?

J’ai toujours été fasciné par les astres et par ce qu’il se passait au-dessus de nous. C’est quand on lève un peu la tête qu’on se sent seul face à l’univers. Je trouve ça fascinant aussi tout ce qui se passe dans l’univers, que ça soit les comètes qui se déplacent ou bien les constellations, ça raconte une histoire et c’est souvent quand je me sens seul que je me retrouve le plus et que j’arrive à m’exprimer dans mes textes.

Qu'est-ce qui t'a poussé à innover en 2023 ?

En 2022 j’ai vraiment sorti pas grand-chose et je ne me voyais pas faire pareil en 2023. J’ai fait une sorte de petite pause fin 2022 et j’ai essayé de me recentrer sur moi-même et me ressourcer en terme d’inspiration. Puis dès début 2023 j’ai sorti mon premier clip « RÊVE » réalisé par Apogée et c’est là que j’ai commencé à me dire ok on fait des trucs sérieux. Après la sortie du clip j’ai ressorti un single « INSIPIDE » puis j’ai marqué une pause pour vraiment me focus sur l’EP. Je me suis vraiment dépassé en 2023 j’ai vraiment voulu montrer que j’étais présent et qui j’étais réellement car à travers quelques singles ma vision paraissait encore floue. Puis c’est à la sortie du projet que j’ai montré qui j’étais et que je ne revenais pas avec un single après une pause de presque 6 mois.


Comment décrirais-tu ton univers artistique ?

Mon univers artistique est basé autour des astres et de la galaxie. Ce sont ces éléments qui reflètent ma solitude, comme si je me sentais seul dans mon monde, sur ma comète. C’est comme si j’étais un alien, et que je ne m’étais jamais senti à ma place comme si je venais d’ailleurs. Puis je pense que plein d’autres gens sont un peu dans cet état d’esprit et c’est pour ça que j’ai voulu créer ce projet pour que ceux qui ne sont pas à leur place et qu’ils se sentent existés et se retrouvent dans cette solitude. Je m’inspire aussi énormément de ce qui m’entoure comme mes potes par exemple.

Ton dernier EP semble être le plus poussé de ta discographie. Peux-tu nous en dire plus sur le processus de création ?

La création de cet EP est une sorte d’aboutissement pour moi, car c’est la chose la plus poussée avec un univers aussi approfondi qui reflète ma personnalité. J’ai commencé par contacter quelques beatmakers comme Doni, Honnoj ou bien l0ne. Ensuite pour l’écriture, j’ai écrit tout le projet en 1 mois puis il faut savoir que je ne suis pas quelqu’un qui enregistre plusieurs morceaux et qui fait une sélection ensuite. Je préfère peaufiner les morceaux, modifier les prods, ajouter des éléments créatifs plutôt que faire plusieurs morceaux et ne pas les sélectionner dans le projet. Pour enregistrer j’ai uniquement été enregistré chez des potes. Ensuite, pour la direction artistique, je voulais changer de cagoules et avoir quelque chose de plus créatif et unique. J’ai pu taffer avec des créatifs ultra passionnés comme l1nterlude qui m’ont réalisé deux cagoules et Bacla qui m’a réalisé une Balaclava. J’ai ensuite effectué un shooting réalisé par Nypo sur le tournage de BRU(H)ME réalisé par Apogée. On a shooté la cover sur les lieux du tournage puis par la suite on a utilisé l’IA afin de créer un fond futuriste sur l’image puis Lunartic a ensuite peint la cover pour rendre cet effet créatif à l’image de la cover.

Quelle est la signification derrière l'énergie spatiale que tu cherches à transmettre dans ta musique ?

Cette énergie spatiale se transmet dans ma manière d’écrire. C’est comme si je voulais romancer les astres et leur apporter de l’importance car ce qu’il se trouve au-dessus de nous reste fascinant on ne sait pas depuis quand elles sont là. L’univers est vraiment intéressant je trouve ça fascinant qu’on soit sans doute observé, ou qu’on ne sache pas vraiment ce qu’il y a tout autour de nous ça pousse à élever notre curiosité.

As-tu des process ou des habitudes lorsque tu crées ? 



Je n’ai pas vraiment des processus de création quand je crée quelque chose. J’écris plutôt quand l’inspi vient et ça peut venir à n’importe quel moment comme regarder une série par exemple ou une discussion avec des potes. Cela étant, j’ai quelques habitudes lorsque je crée. Déjà j’écris dans le désordre de la prod puis je structure mon texte. Je peux très bien commencer à écrire en partant de la fin de la prod et revenir sur le refrain puis terminer sur le début de la prod.


Travailles-tu seul ou préfères-tu collaborer avec d’autres artistes ? 



J’ai toujours été un peu seul et renfermé sur ce que je fais. J’ai toujours fait du son seul dans ma chambre. Je pense que cette phase a joué aussi sur ma solitude, d’où les astres et la galaxie. Mais récemment, je suis amené à découvrir plein d’artistes ultra talentueux et incroyable humainement parlant. Je préfère faire part à l’humain plutôt qu’à l’artiste quand je parle de collaborations sur des morceaux. J’essaye de plus en plus de m’ouvrir sur des feats avec des potes même si c’est compliqué de lier mon univers à l’artiste ou l’inverse.


Quels sont tes projets pour le futur ?

Peux-tu nous donner un avant-goût ? 

Pour le moment, cela reste un peu flou, car j’ai tout juste sorti mon premier projet « INSOLUBLE » et comme c’est une sorte de « carte de visite », je préfère faire vivre le projet et voir comment il va évoluer. D’un autre côté, j’ai prévu quelques featurings, dont un qui est en préparation avec mon gars Kamango. J’ai aussi prévu la production en CD physique de l’EP en édition limitée et un événement qui est en train de s'organiser à Nantes.

Y a-t-il des artistes qui t'inspirent particulièrement ?



Il y en a beaucoup, mais je suis facilement inspiré par mes gars comme Owen, Advm, Kamango ou bien Nepher. J’ai la chance d’être entouré d’artistes et de beatmakers tous aussi talentueux et créatifs, chacun avec son univers. Mais je suis énormément influencé par des artistes de la « new wave » tels que Selug & Senar, Luther ou bien Wallace Cleaver qui sont de réelles sources d'inspiration, que ce soit en termes de créativité ou d'originalité dans les productions avec des sonorités jamais entendues.

Qu'est-ce qui te rend heureux en dehors de la musique ?

En dehors de la musique, je passe beaucoup de temps avec mes potes ou bien ma famille, ou à jouer aux jeux vidéo. J’aime beaucoup aussi faire la fête. Mais ce qui me rend réellement heureux, c’est de faire des rencontres ou du moins de découvrir de nouvelles personnes. Je trouve ça très intéressant de découvrir des inconnus et d’ensuite tisser des liens. C'est aussi une sorte de source d'inspiration, les discussions avec ces inconnus qui deviennent enrichissantes. Pour moi, ce sont toutes ces petites choses, ou ces moments de vie brefs, qui peuvent égayer la journée de quelqu'un. C’est ça qui me rend heureux, rencontrer de nouvelles personnes.

 

Interview par Teo Comyn